Triste merveille
2010
Dirigé, Voix, Electronique
effectif :
violoncelle, chœur d’enfants et dispositif électroacoustique temps-réel
durée :
20 mn

commande des professeurs et acteurs de l’Education Nationale, et de partenaires artistiques compagnons de diverses aventures de Jean-Luc Idray
création en novembre 2010, à la MC2 de Grenoble dans le cadre du Festival Les 38èmes Rugissants, par Valérie Dulac (violoncelle) et des enfants du collège Charles Munch de Grenoble, direction Céline Claus

 

La partie électronique demande une diffusion en 8 points utilisant l’espace complet de la salle. Elle consiste en lectures d’échantillons et traitements temps-réel, organisés en un patch MaxMSP disponible auprès du compositeur.

 

partition : fichier pdf  gratuit sur demande au compositeur

présentation :

En hommage à Jean-Luc Idray

    La pièce débute par un long solo de violoncelle qui, avec le dispositif électroacoustique, très lentement, ouvre l’univers musical.
    Les transformations électroacoustiques, entre le frémissement imperceptible attaché au son, et la démultiplication fractionnée des gestes instrumentaux, font résonner quelques légers nuages de  »miettes de son » qui trouveront un dernier écho une fois la forme arrivée à son aboutissement. Le propos originel de la composition trouve, très simplement, une de ses expressions musicales dans la longue descente du soliste, dont le son prend une nouvelle chair par le moyen des transformations temps réel. Les voix en émergent. Le violoncelle chemine alors avec elles dans une relecture, globalement inversée dans le temps, de sa précédente trajectoire. Durant cette lente remontée, le chant énonce la partie finale de l’homme de glaise, texte écrit par Marie Pointereau, dont voici le contenu (les passages en italiques, indispensables au sens littéraire, n’ont pas été retenus dans la composition, en fonction d’impératifs de clarté et de concision).

quand revint le moment
où les yeux scellés
murmurèrent
ce fut la terre
qui la première
sentant le tremblement
des paupières
acheva de gronder
crachant des jets de pierres
des immondices
des eaux
des ors
elle rendit à son sein
son bien
dans un monde
lointain
son bien
le plus précieux
il s’était nommé
homme
de chair
triste merveille
il avait été
pris
tant de fois
repris
aux déchirances
d’aimer
qu’il avait fait monter
en lui
le mépris
et le goût
d’on ne sait
quelle insoumission
quand le moment vint
où les yeux s’éveillèrent
elle le rendit
la terre
ultime souffle assouvi
elle rendit
l’homme de glaise

dans les ergs
mouvants où
les sépultures
maigres attendent
en signes des temps
osselets nettement
maladroits
l’archéologue
enfin
du pinceau
effleura
éparpilla
l’infime
l’infini
mouvement
souleva
l’astral atman
érigea ses poussières
 
 il y eut
des rires
égarés
quelque part
sur la voie lactée
qui rebondirent
en flots
d’écumes
et de bords de mer
juste là pour
border dans leur lit
par leurs pères
les enfants drapés
de sommeil
juste

endormis.

 

    Dans cette partie l’électroacoustique permet notamment de prolonger la relation entre les musiciens, au delà de l’écriture, dans des parentés et influences réciproques. Le soliste prolonge seul la courbe de la pièce en retrouvant l’univers initialement ouvert.

extrait audio :
extrait vidéo :